Gino Dop

Gino Dop (Tiburce II – Normale D) n’est pas un pur produit de l’élevage du Pont, mais il m’a laissé lui aussi de nombreux beaux souvenirs. Né le 30 janvier 1972, sa mère Normale D était passée par l’élevage du Pont puisqu’en 1966, elle avait produit Ara du Pont (Tigre Royal). Elle l’a quitté ensuite et son produit suivant (1969) s’est appelé Dop, puis après un petit écart de nom en 1970 (Ecubéen), ses 7 autres produits ont porté le suffixe Dop, dont 3 ont couru avec Jean-Yves Rayon : Gino Dop, Jalna Dop et Katia Dop.

Gino Dop était un cheval accrocheur qui a souvent disputé des arrivées très pointues (voir les photos ci-dessous). Il a remporté un Groupe II, le Prix Gaston Brunet. Il a eu une courte carrière d’étalon avec 80 produits dont Amiral de Crassy (114 825 €) et Pluvier de Grilly (84 381 €). Il est mort le 4 décembre 1991.

1977 Gino Dop (1)

1977 Gino Dop Prix de Verneuil

1977 Gino Dop

Mes visites à la Ferme du Pont, le 24 juin et le 3 septembre 2013

De passage dans la région d’Argentan le 24 juin pour raison professionnelle, je me suis permis de tenter de rendre visite en début de soirée à la Ferme du Pont. A peine entré dans la cour, j’ai la joie de découvrir que Gisèle, la sœur de Jean-Yves que j’avais rencontré à Grosbois quelques semaines plus tôt, est présente. Le temps de lui remémorer qui je suis, elle m’accueille avec beaucoup de gentillesse et me propose de rencontrer son père, Monsieur Albert Rayon. Laissez-moi vous dire que rencontrer  Albert Rayon, créateur de cette écurie que j’admire depuis plus de 40 ans, c’est pour moi une sorte d’aboutissement de cette passion…
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Mes visites à la Ferme du Pont, le 24 juin et le 3 septembre 2013 dans Mes visites à la Ferme du Pont la-ferme-du-pont
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Ne voulant pas déranger, mais excité par cette proche rencontre, je suis timidement Gisèle dans la maison et découvre Albert, sagement assis devant la télé, et sans doute tout surpris de voir entrer un étranger à cette heure de la journée. Gisèle lui explique que je suis la personne qui tient un site Internet sur son écurie, et je découvre que lui aussi connait l’existence de mon blog, malgré ses 92 ans ! Aussitôt, il me demande pourquoi cette passion pour son élevage. Je lui raconte alors mon enfance dans le nord de la France avec mes parents et grands parents turfistes (voir la catégorie accueil du blog) et je me lance dans une énumération rapide des chevaux du passé de l’écurie, bien avant la généralisation du label « du Pont » : Arlette L, Costa Rica II, Chara, Chérie de Tracy, Dragueuse, Duc de Feulavoir, Elu du Magnet, Elentine, Equilibriste, Févaron, Falifiemel, Fruit Rose, Frangibus, Gino Dop…. J’avoue que sur ce coup là, j’ai l’impression de l’avoir impressionné !   
S’engage alors entre Albert, Gisèle et moi une sympathique conversation ou Albert nous raconte les origines de son écurie, sa première poulinière Ursuline IV et la première « du Pont » : Fleur du Pont. Il raconte également son association avec le comte Pierre de Montesson, un accord « sans contrat », uniquement basé sur la confiance mutuelle de 2 hommes, 2 amis, qui ensemble feront l’acquisition d’une quarantaine de chevaux qui ont marqué l’histoire du trot français comme Kubler L, Lieuvin, Nicias Grandchamp, Olten L, Pacha Grandchamp, Reza Grandchamp pour ne citer qu’eux…
A cette époque, Jean-Yves termine son apprentissage chez les frères Gougeon (inutile de présenter Jean-René et Minou) et vu son désir de passer professionnel après des années fastes en amateurs, Albert en profite pour reprendre son indépendance en créant sa propre écurie.
Albert nous raconte également comment une blessure plutôt anodine au talon (suite à la chute d’un mur) mal soignée par un médecin qui commet l’erreur de lui plâtrer la jambe complète, se transforme en une gangrène qui nécessitera l’amputation d’une jambe. Albert se déplace depuis avec une prothèse.
Puis ses yeux se voilent quand il nous explique combien Clémentine, son épouse, lui manque depuis son décès il y a 2 ans. Il demande à Gisèle de me montrer quelques photos de Clémentine et je lui rappelle qu’elle figure sur mon blog, dans la rubrique spécifique réservée à Albert, sur la photo ou le couple pose devant la Ferme du Pont, ce corps de ferme qu’il loue mais qu’il n’a jamais quitté. Je prends plaisir à publier à nouveau cette photo :
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C’est le moment opportun que choisit Gisèle pour me proposer une visite des installations, et aller ainsi voir « les chevaux » au pré. Et là, le regard d’Albert qui était perdu dans ses tristes pensées se rallume subitement, il se lève et déclare d’une voix autoritaire : « Je vais avec vous, c’est moi qui vous emmène ! ». 
Et je comprend alors ce qui anime encore cet homme de 92 ans : son oeuvre, ses chevaux, ses poulinières, ses poulains, ses terres, ses installations.
Gisèle s’installe à l’arrière de ma voiture, Albert monte à mes cotés et me dirige avec une fermeté amicale : « Attention, ralentissez, à gauche, à droite… ». Et il me guide à travers les routes qui traversent son immense propriété (champs, prés, hangars, matériels agricoles), il me fait même faire le tour de la piste d’entrainement en me racontant que c’est lui qu’il a fait construire pour réaliser l’entrainement de ses chevaux. Nous traversons des près ou sur la gauche, Albert me montre « les poulains de l’année avec leurs mamans », sur la droite « les poulains de 2011″, et Gisèle nous dit : « Il faudrait faire un détour chez Loic (l’homme de main d’Albert qui anime le quotidien de l’élevage Rayon) pour qu’il nous dise ou est Pacha du Pont. Albert répond alors : « Je sais ou est Pacha, nous y allons !.
Et il me guide à nouveau jusqu’à un pré ou je reconnais vite et de loin un Pacha majestueux, immobile, mais il va vite répondre aux sollicitations d’Albert pour aller jusqu’à chasser autoritairement 2 autres jeunes chevaux pourtant castrés qui s’étaient un peu trop approchés de son enclos. Loic nous expliquera plus tard que Pacha rentrait d’une journée de monte, d’ou sa fatigue évidente…
Sans pouvoir les approcher tant les prés ou ils s’ébattent sont immenses, j’ai pu apercevoir les poulinières parmi lesquelles mes « favorites » Jalba du Pont et Quarla du Pont, mais aussi leurs poulains dont Chara du Pont et D’Artagnan du Pont.
Nous nous dirigeons ensuite dan le village pour rendre visite à Loic Col, véritable « fils adoptif » d’Albert qui manage avec beaucoup de professionnalisme l’élevage Rayon. Loic interrompt la tonte de sa pelouse pour nous accueillir, me présenter son épouse et ses enfants. La conversation s’engage rapidement sur l’épisode marquant des derniers mois : la naissance de D’Artagnan du Pont (voir la catégorie « les naissances du Pont »).
Tout comme je l’ai été à la Ferme du Pont, je suis accueilli chez Loic avec beaucoup de gentillesse, je n’ai vu que des gens sympathiques, aimant parler de leur métier. Merci à tous !
De retour à la Ferme ou Gisèle me sert un rafraîchissement, et après qu’Albert me raconte encore comment son équipe (je devrais dire sa famille) puis les vétérinaires ont pris soin de D’Artagnan du Pont, il m’avoue le coût exorbitant, qu’il ne regrette absolument pas, qu’il a engagé pour sauver son poulain. 
Je pense que s’est ce qui traduit le mieux la pérennité de cet élevage : l’amour des chevaux.
Gisèle m’a même confié quelques exemplaires de journaux soigneusement gardés par Clémentine, avec des articles parus au moment de la victoire de Jalba du Pont dans le Prix de la Marne. Je vais les scanner pour les publier sur mon blog, et j’ai promis de les restituer au plus vite, car Clémentine y a annoté de sa main « à garder »…
Il était alors temps pour moi de prendre congé, après avoir passé un moment inoubliable en compagnie de personnes adorables, qui m’ont fait promettre de revenir les voir vite avec Florence, mon épouse, et avec plus de temps et mon appareil photo. C’est promis, nous le ferons.
Merci Loic, merci Gisèle, et merci et bravo à un grand homme : Albert Rayon.
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Comme promis, je suis repassé le 3 septembre accompagné de mon épouse pour rendre les journaux empruntés. Cette fois, j’avais pris mon appareil photo !
Gisèle m’avait informé qu’elle ne serait pas présente, c’est donc Albert qui nous a accueilli et autorisé à prendre « toutes les photos que je souhaite », et à retourner partout ou il m’avait emmené le 24 juin.
Nous avons tout d’abord reconnu dans un pré voisin de la ferme du Pont le prometteur Un Amour du Pont (Love You – Jalba du Pont), de retour à la campagne pour se reconstruire un tendon délicat. Il était au milieu du pré, et quand je l’ai appelé, il est venu tranquillement me rejoindre à la barrière pour ensuite me refaire son concours de grimace habituel (voir ma visite à Grosbois).
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Un Amour du Pont
Album : Un Amour du Pont

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Albert m’ayant donné l’autorisation, nous nous dirigeons vers les bâtiments de Fleuré, ou nous sommes accueilli par un molosse (un chien bien sur…) avec qui j’ai « parlementé » pour qu’il sente que nous venions en amis ! Je lui ai promis que si nous franchissions une barrière, nous prendrions bien soin de la refermer derrière nous.
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J’ai vite reconnu D’Artagnan du Pont (Magnificient Rodney – Ma Soirée du Pont), bien à l’abri dans un box abondamment fournit en paille, en compagnie de sa nourrice. Albert m’avait expliqué au préalable que son poulain faisait l’objet d’une attention permanente afin de suivre l’évolution de sa croissance et de sa motricité. Il m’a semblé en bonne santé, un peu craintif ce qui est logique en présence d’étrangers.
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DArtagnan du Pont
Album : D'Artagnan du Pont

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A coté du box de D’Artagnan du Pont, un grand box contenait trois jeunes chevaux : j’espère qu’Alexandre pourra me renseigner. En tout cas, les 3 compères étaient curieux et se bousculaient entre eux pour recevoir nos caresses. Les infos d’Alexandre sont vite arrivées (merci !) :
- Civette du Pont (First de Retz – Epinette du Pont),
- Celinia du Pont (Halimede – Pelinia Vetmi),
- Clara du Pont (Gazouillis – Jagatha du Pont).
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Les jeunes
Album : Les jeunes

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Au passage, une vue sur le matériel :
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Puis nous sommes retournés sur notre gauche vers quelques boxes occupés. En chemin, nous nous arrêtons devant 3 chevaux perchés sur une butte, ils sont majestueux et nous avons l’impression qu’ils posent pour nous devant une bâtisse rénovée et fleurie. Alexandre m’aidera sans doute pour les noms de ces 3 poseurs… qui sont donc (de gauche à droite) :
- Condor du Pont (Mambo King – Hondina du Pont),
- Cyrano du Pont (Look de Star – Jamaicaine du Pont),
- Charly du Pont (Otello Pierji – Kelly du Pont).
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Nous voici devant les 3 boxes occupés, nous avons l’impression d’avoir réveillé leurs 3 occupants qui passent la tête avec la crinière en bataille et remplie de brins de paille ! Alexandre m’a donné la réponse : il s’agit de l’infirmerie, où sont soignés :
- Vetmie du Pont (Ismaël du Pont – Pelinia Vetmi), les 3 premières photos,
- Rumba du Pont (Ismaël du Pont – Ma Soirée du Pont), les 2 photos suivantes,
- Baron Soyer (Paddy du Buisson – Natty Soyer), les 3 dernières photos.
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Linfirmerie
Album : L'infirmerie

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Face à eux, dans un paddock, 5 femelles de 2011 font la cavalcade comme des enfants : elles courent, changent brusquement de direction, elles s’amusent tout simplement. Certaines seront sans doute reconnues par Alexandre… et voilà le résultat :
- robe alezane : Biba du Pont (Paddy du Buisson – Nina la Garenne),
- robe noire pangarée : Bastille du Pont (Baccarat du Pont – Kantille du Pont),
- robe baie, petite : Bamba du Pont (Baccarat du Pont – Samba du Pont),
- robe baie, taille normale : Barcelona du Pont (Korean – Lalba du Pont),
- robe baie, grande et plus claire : Belinda du Pont (Ismaël du Pont – Luana du Pont).  
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Les filles
Album : Les filles

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Nous nous dirigeons alors vers la piste d’entrainement :
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La piste
Album : La piste

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Au centre de cette piste, un immense paddock accueille 6 mâles nés en 2011 :
- le grand noir pangaré : Beluga du Pont (Biesolo – Leva du Pont),
- le petit noir pangaré ventru : Bolero du Pont (So Lovely Girl – Marquise du Pont),
- l’alezan : Bengali du Pont (Baccarat du Pont – Kelly du Pont),
- le petit bai : Best du Pont (Otello Pierji – Liesse du Pont),
- un autre bai : Brennus du Pont (Baccarat du Pont – Europea du Pont),
- un grand bai un peu foncé : Bikini du Pont (Lynx de Bellouet – Pelinia Vetmi).
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Paddock central
Album : Paddock central

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Nous passons ensuite devant un autre paddock ou l’on trouve 3 poulains de 2012 :
- Camelia du Pont (Paris Haufor – Orchidée du Pont),
- Cantique du Pont (Mon Premier Cehere – Kantille du Pont),
- Capone du Pont (Pinson – Samona du Pont).
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Puis nous avons longé la piste d’entrainement par la gauche pour nous rendre tout au fond, car je savais qui y trouver : Pacha du PontEn chemin, nous rencontrons quelques paddocks occupés par de beaux et calmes filles de 2011. Avec l’aide d’Alexandre, on reconnait :
- une baie claire : Brasilia Soyer (Mon Premier Céhère – Queen Soyer),
- une noire pangarée : Braga Soyer (Baccarat du Pont – Rosalie Soyer),
- une baie : Baraka Soyer (Baccarat du Pont – Jenny Soyer),
- une alezane avec liste : Badiane du Pont (Baccarat du Pont – Ophélie la Garenne),
- une alezane sans liste : Berline du Pont (Look de Star – Laguna du Pont)
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Les paddocks de gauche
Album : Les paddocks de gauche

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Nous arrivons devant Pacha du Pont (Baccarat du Pont – Alba du Pont) : lui aussi a répondu à nos appels et s’est approché de nous, allant jusqu’à répondre aux demandes de caresses de Florence. Il était mois fatigué que lors de ma dernière visite. Comme je l’avais pensé, Alexandre n’a eu aucun mal à me donner le nom de son voisin qui n’est autre que Venitien du Pont (Nil du Rib – Liesse du Pont), rentré de Grosbois pour se reposer, mais qui ne va plus tarder à y retourner…
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Pacha du Pont
Album : Pacha du Pont

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Pour terminer notre visite, nous sommes allés vers le pré derrière la piste ou sont regroupées les poulinières et leurs poulains. Quelques poulains un peu plus hardis se sont approchés, mais sous l’œil protecteur de leurs mamans. Parmis celles-ci, nous reconnaissons :
- une alezane avec une tâche blanche sur le bout du nez : Laguna du Pont,
- une autre alezane avec une grande liste blanche : Querelle du Pont,
- une noire : Première d’Ismaël.
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Les mamans
Album : Les mamans

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Qui est Jean-Yves Rayon ?

Jean-Yves Rayon, né le 11 octobre 1947, est un entraîneur – driver de chevaux trotteurs. Ce blog est également consacré à l’histoire des chevaux de l’élevage du Pont.

Jean-Yves Rayon

Tout jeune, Jean-Yves n’était pas spécialement attiré par les trotteurs, c’était même une véritable corvée que d’accompagner, chaque dimanche, ses parents sur les hippodromes. Trois hommes seront à l’origine de sa vocation : son père, Albert Rayon, et 2 amis de la famille : Jean-René Gougeon et Michel-Marcel Gougeon.

Albert Rayon, un important cultivateur et éleveur de bovins installé à la Ferme du Pont, à Fleuré dans l’Orne, est l’ami de Marcel Gougeon, qui a 2 fils : Jean-René, qui plus tard sera surnommé « le Pape de Vincennes » au regard de son palmarès : 8 victoires dans le Prix d’Amérique 6 dans le Prix de France et 7 dans le Prix de Paris et Michel-Marcel dit « Minou » qui lui triomphera 3 fois dans le Prix d’Amérique, et 7 fois dans le Prix de Cornulier. À eux deux, les frères Gougeon totaliseront plus de 5000 victoires !

Un jour de 1945, à la gare de L’Aigle, Albert achète sa première jument : Ursuline IV. Elle porte dans ses flancs un produit qui va naître et qui sera baptisé Céline R (Céline, le nom que portera sa petite fille plus de trente ans après, et R comme Rayon). À cette époque, il était possible d’ajouter une initiale après un nom, c’est maintenant interdit, et les trotteurs portent communément le nom du haras ou ils sont nés : les produits Rayon s’appellent aujourd’hui — du Pont.

Ursuline IV produira Diane R, Kadsura du Pont (mère du classique Upsal du Pont vainqueur d’un Groupe 1 le Prix d’Essai, et qui un jour donnera du fil à retordre à une certaine Une de Mai), Fleur du Pont (mère du semi-classique Vallauris du Pont) et Hiatus du Pont.

C’est sous la poigne de « Minou » Gougeon que Fleur du Pont apportera la 1re victoire de la casaque Rayon (casaque verte, manches jaune, toque rouge) à Vincennes en 1951.

Casaque Rayon

Les couleurs Rayon brilleront pendant les années 60 avec des chevaux comme Upsal du Pont, qui remporte au monté le Prix d’Essai (Groupe I) et le Prix Marcillac (Groupe II), et le Prix Abel Bassigny (Groupe II) à l’attelé, et se classera 2ème du Critérium des 3 ans, mais aussi avec Vallauris du Pont, 3ème du Prix du Calvados (monté – Groupe II) qui deviendra un des chefs de file de l’élevage du Pont.

Dans le même temps, Albert Rayon eut la main heureuse en achetant, pour son fils, Orchita puis Royale Poulotte. Avec Orchita, Jean-Yves Rayon gagne 35 courses chez les amateurs (dont 2 le même jour) et sa première grande joie fut de battre, sur l’Hippodrome d’Argentan, l’excellent Martini II qui devait faire par la suite une très grande carrière aux États-Unis.

Chez les amateurs, Jean-Yves Rayon fut cinq fois champion de France, totalisant plus de 250 victoires. Il faut dire que pendant cette période d’apprentissage, ces maîtres sont les frères Gougeon…

N’ayant plus rien à prouver chez les amateurs, le 1er janvier 1971, Jean-Yves Rayon décide de faire le grand pas en passant professionnel. Il constatera vite qu’il existe un fossé entre les amateurs et les professionnels, que les courses se déroulent différemment, et que le jeune débutant était attendu au tournant.

La consécration arrive le 4 février 1973 avec sa première victoire en tiercé avec Costa Rica II, une jument que son père venait d’acheter quelques semaines auparavant. Cette jument gardera une place particulière dans le cœur de Jean-Yves Rayon, et lui apportera rapidement sa première grande performance dans un Classique avec une 2e place dans le Prix de Paris, le 11 février 1973, battue d’une longueur par la majestueuse Une de Mai, mais devant des ténors comme Arménie, Tidalium Pélo, Véronique R et Tony M.

Pour revoir cette course (merci VarenneFan) : ici

Prix de Paris 1973

Costa Rica II a également apporté une très belle victoire à Jean-Yves dans le Prix de Nevers en 1973. Ci joint la vidéo de la course, après avoir regardé le Prix de France 73 de Tony M: ici

Le 9 février 1975, il remporte son 2e tiercé, à très grosses cotes (45/1) avec Chara dans le Prix de Chateaudun.

Jean-Yves a également la particularité d’avoir remporté la même course deux années de suite, à très grosses cotes :

- le 5 août 1975, il remporte à Enghien un handicap, le Prix du Temple ou 23 trotteurs s’élancent sur 2800 m, avec rendements de 12 mètres, 25 mètres, 37 mètres et 50 mètres. Duc de Feulavoir (futur étalon maison), magnifique mâle bai de 6 ans, triomphe à 49/1, devant Espoir de Loire (M.Vaudoit) et Emèse.

- le 5 août 1976, il remporte ce même Prix du Temple, ou cette fois 25 trotteurs s’élancaient , et c’est Févaron, un  puissant hongre alezan de 5 ans qui l’emporte à 42/1 devant Erkis (H.Cogné) et Fanfan de Bouère (A.Sionneau). Si ce n’est de la récidive…

D’autres chevaux ont également marqué ces années 70 comme Elu du Magnet et Fruit Rose qui deviendront plus tard des étalons maison, notons aussi Equilibriste, Falifiemel et Gino Dop.

Mais c’est avec Italia du Pont (née en 1974) que Jean-Yves va enfin enchaîner plusieurs participations à des Classiques, et affronter les ténors de cette génération. Battu d’une encolure par Idéal de Gazeau dans le Critérium des Jeunes, Jean-Yves prendra sa revanche sur ce dernier dans le Critérium des 3 ans, mais sera malheureusement battu par Ivory Queen. Italia du Pont affrontera à de nombreuses reprises ces 2 cracks en Groupe I et II. Elle se classera trois fois 2ème de Groupe II, et quatre fois 2ème de Groupe III.

Isard du Pont, exporté à Malte ou il est devenu une véritable coqueluche, Kashmir du Pont (né en 1976) tout comme Moscova du Pont (née en 1978) ont bien bataillé, cette dernière notamment sous la selle (3ème du Prix Louis Le Bourg – Groupe II).

La génération des N (nés en 1979) fut également prometteuse avec des noms comme Noble du Pont (3ème du Prix Capucine – Groupe I, 2ème du Prix Maurice de Gheest – Groupe II, 3ème des Prix Kalmia et Henri Crevoisier – Groupe II), Nobel du Pont (2ème du Prix de Genève – Groupe III), futur étalon maison, Naiade du Pont, Naive du Pont et Nuit du Pont, mais c’est avec Pélican du Pont (né en 1980) que Jean-Yves va se frotter à nouveau au gratin d’une génération avec des noms comme Pontcaral, Passionnant et Pan de la Vaudère. Il remportera 3 Groupe II, et se classera 2ème ou 3ème sept fois dans des Groupes I, II et III.

D’autres bon souvenirs avec Quasida du Pont (2ème du Prix Marcel Laurent – Groupe I), Quina du Pont et Quetzal du Pont (4ème d’un Groupe II) pour la génération 1982, Rolls du Pont en 1983, Soirée du Pont, Sugar du Pont et Suzy du Pont en 1984, Tamise du Pont en 1985, Urbu du Pont en 1986, Vanic du Pont, Verseau du Pont, Violetta du Pont et Vison du Pont en 1987, Alpaga du Pont et Anisette du Pont en 1988. Les années 80 se sont bien terminées avec Baron du Pont, Best du Pont, mais surtout Baccarat du Pont, qui remportera de nombreuses courses internationales, puis deviendra plus tard un des chefs de file de l’élevage du Pont.  

Les années 90 ont débuté en fanfare avec Cesar du Pont, Cendrilla du Pont, Cumin du Pont, Comtesse du Pont, mais bien évidement celui qui est encore aujourd’hui le premier par les gains, le détenteur du plus beau palmarès, le majestueux Courlis du Pont. Vendu par Albert Rayon après des débuts prometteurs, Courlis du Pont a presque tout gagné dans sa discipline, le trot monté : le Prix de Normandie, le Prix du Président de la République, 2 fois le Prix des Elites, le Prix de l’Ile de France. Une seule manque à son palmarès, c’est la plus belle, le Prix du Cornulier, ou il sera battu par Arcadia, malgré un retour fabuleux. 

Dalida du Pont et Duc du Pont pour 1991, Eldorado du Pont (2ème du Prix Henri Ballière – monté Groupe II), Eclair du Pont, Eros du Pont, Eva du Pont et Exciting du Pont pour 1992, First du Pont, Faillarde du Pont et Flan du Pont en 1993, Hondina du Pont et Hermionos du Pont (3ème puis 5ème en Groupe II) en 1995, Ilot du Pont, Indiana du Pont et Ismaël du Pont (futur étalon maison) en 1996, tous ont laissé une trace par le niveau de leur gains et/ou de bon résultats en Groupe.

Mais dans cette décennie, c’est Jalba du Pont qui va marquer les esprits. Née en 1996, elle va permettre à Jean-Yves de disputer 3 Prix d’Amérique, de remporter un Prix de Bretagne et le Prix de la Marne, de terminer 2ème du Prix de Paris et 3ème du Critérium des 5 ans.

Jamaique du Pont, Jezabelle du Pont et Juky du Pont, elles aussi nées en 1996, se sont également bien comportées. L’année 1998 a été très bonne, avec les naissances de Kenya du Pont, Kelly du Pont, Karma du Pont, Kassia du Pont et Kateline du Pont. Les années 90 se sont finies avec les belles carrières de Lalba du Pont, Luriana du Pont et Lys du Pont (1999).

Les années 2000 débutent avec Marquis du Pont, Marco du Pont et Missouri du Pont, alors que Nabab du Pont, Narval du Pont et Newton du Pont poursuivent en 2001. En 2002, Orage du Pont, Océane du Pont et Othello du Pont tirent leur épingle du jeu. L’année 2003 est sans doute une des plus prolifiques pour l’écurie avec le prometteur Pacha du Pont qui malheureusement n’aura pas eu la carrière attendue suite à de trop nombreuses interruption de carrières suite à blessures. Premier du Pont, Prairie du Pont, Pétunia du Pont, Plymouth du Pont, Parade du Pont et le trop tôt disparu Prince du Pont complètent cette magnifique génération des P.    

Jean-Yves Rayon, Jean-Yves du Pont

Le 2 février 2009, c’est ainsi que Jeoffrey Bereti, journaliste de Zone-Turf.fr titrait un bel interview de Jean-Yves.

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Jean-Yves Rayon est à la tête du label du Pont (Scoopdyga)
 
Jean-Yves Rayon a un parcours atypique, ayant débuté dans le rang des amateurs. Beau-père de Jean-Michel Bazire, il est un homme très connu grâce à son élevage « du Pont », dont sont issus Baccarat, Jalba et Lalba du Pont. Zone-Turf a rencontré cet homme sympathique afin de prendre des nouvelles de son écurie.
Jean-Yves, pouvez-vous rapidement revenir sur votre début de carrière, assez atypique ?
A l’époque, il n’y avait pas d’école pour les lads jockey comme aujourd’hui avec Grosbois ou Graignes par exemple. J’ai donc décidé de continuer mes études. On ne pouvait pas être apprenti et faire autre chose à côté, d’où mon choix pour l’amateurisme. J’avais 16 ans. Je suis passé professionnel à l’âge de 22 ans, c’était en 1970.
Pensez-vous qu’un tel parcours est envisageable aujourd’hui ?
Je pense qu’un jeune peut parfaitement passer par les amateurs avant de devenir professionnel. S’il a de quoi bien démarrer, une écurie de confiance, pourquoi pas.
Passons désormais à votre actualité. Comment analysez-vous le début du meeting pour votre écurie ?
Ce n’est pas un bon hiver. Mes chevaux se retrouvent avec des gains « bâtards ». Soit ils sont trop riches, soit ils ne le sont pas assez et sont donc éliminés. J’ai loupé le meeting avec Pétunia (NDLR : du Pont), Pacha lui, est à court de condition après avoir été arrêté. J’avais aussi trois « R » qui s’annonçaient bien, mais ils n’ont pas fait le meeting souhaité. Relook de Sausseau et Radieux du Pont ne sont toutefois pas à condamner, car ils peuvent encore s’illustrer. Rumba du Pont m’a quant à elle, beaucoup déçu.
Du coup, qu’attendez-vous des mois à venir ?
Comme chaque année, j’espère réaliser un bon printemps. C’est à cette période que je réalise les meilleures performances. J’aime attendre mes jeunes chevaux, aussi ne sont-ils que rarement prêts pour le meeting d’hiver. En revanche, ils arrivent au top ensuite. Mes « R » et Pacha du Pont notamment seront à suivre de près !
Avez-vous quelques jeunes chevaux à suivre ?
Vous m’en demandez trop ! (rires) Je n’ai pas grand-chose chez les « S », et les « T », c’est trop loin.
Après les jeunes, petit retour en arrière. Comment va Jalba du Pont ?
Elle va très bien. Elle a pouliné d’un « U » par Love You en 2008 et est pleine d’un Coktail Jet. La mise bas est prévue pour bientôt. En revanche, je ne sais pas encore quel sera le prochain étalon.
Vous vous ouvrez à l’extérieur avec Love You et Coktail Jet.
Il faut renouveler un peu notre élevage, le diversifier. Et si aller à Love You me donne une Qualita, pourquoi m’en priverais-je ?
Justement, vous avez un élevage très connu, celui des « du Pont ». Comment se compose-t-il ?
J’ai deux étalons, Ismaël du Pont et Baccarat du Pont. Le premier fait la monte naturelle chez nous, le second est chez Jean-Yves Lhérété. J’ai beaucoup de poulinières, une trentaine, dont Jalba et Alba du Pont. Une nouvelle pourrait les rejoindre prochainement, c’est Lalba du Pont. Tout dépendra de son programme et de sa forme. Si elle ne court pas très bien les prochaines fois, elle rentrera au haras. Le problème, c’est qu’on n’a plus le droit de courir quand une jument a été saillie. Elle pourrait reprendre la compétition en septembre si elle n’est pas pleine, mais on aurait perdu un an. On verra bien …

Jean-Yves Rayon médaillé !

Le 13 novembre 2010, sur l’hippodrome du pays d’Argentan, le président du Sénat Gérard LARCHER a remis à Jean-Yves Rayon la médaille de l’Ordre du mérite agricole, « ce qui est un peu la Légion d’honneur de l’agriculture », souligne le président du Sénat, donnant l’accolade au driver aux 1 095 victoires : « Vous avez su à merveille valoriser la production familiale. » Paraissant plus jeune que ses 63 ans, Jean-Yves Rayon est « très surpris » de recevoir cette distinction, tout en étant ravi de l’honneur rendu (l’Ordre national du Mérite) le même jour à son père dans l’ombre duquel il préfère rester. Sa famille… rayonne sur le monde hippique, cela lui suffit amplement.

Jean-Yves Rayon pronostiqueur !

Le 8 mars 2011 : La 20e Nuit des courses du «Parisien» – «Aujourd’hui en France» a récompensé mardi soir les trente professionnels qui fournissent quotidiennement les pronostics du Quinté. En piste, Jean-Yves Rayon aime pratiquer la course d’attente. Dans notre concours de pronostics réservé aux professionnels du trot, il s’est imposé à la manière des forts. Après avoir rapidement pris la tête de ce challenge, il n’a jamais été rejoint, s’imposant même de loin. Il devance Eric Raffin de près de 400 points et Loïc Groussard de près de 1500 points. Franck Leblanc (4e) et Nicolas Roussel (5e) sont encore plus loin.

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Les trois vainqueurs de ce challenge (de gauche à droite) : Alexandre Fracas (courses de plat), Jean-Yves Rayon (trotteurs) et François-Marie Cottin (à l’obstacle).

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Jean-Yves Rayon, lauréat dans la catégorie des trotteurs, et Jacques Lallain, secrétaire général de la rédaction du «Parisien» – «Aujourd’hui en France».

Confession embarquée :

Printemps 2012 : pour voir l’interview de Jean-Yves et Thibault enregistrée pour Sulky TV, cliquez sur le lien ci-dessous :

http://torontopat.unblog.fr/2012/03/06/camera-embarquee-de-jean-yves-rayon-et-thibault-viet/

Christophe Pieux….. au trot :

Publié le 8 janvier 2013 par J.Bernardet sur RTL.fr.

Dimanche 6 janvier, à Vincennes, j’ai discuté avec Franck Leblanc, après la belle performance de Pas Sans Toi dans le quinté du jour. L’entraîneur m’a expliqué que depuis trois semaines qu’il avait reçu le cheval, il n’avait eu le temps de rien « inventer », mais qu’il avait changé quelques détails et qu’il avait « mis » son nouveau pensionnaire comme l’ensemble de ses protégés, et qu’avec ces petits « réglages », Pas Sans Toi lui avait effectivement causé une très belle impression, au travail, qu’il n’était surtout pas « cuit » et qu’il avait une belle dernière année à accomplir – sentiment partagé par le pilote, Franck Nivard, que j’avais croisé quelques minutes auparavant.
J’ai alors demandé au professionnel si, comme on me l’avait rapporté, il était bien vrai que Christophe Pieux se rendait régulièrement à Grosbois, dans l’établissement de Franck.
« Oui, il sort quelques uns de mes élèves, il aime ça, et j’avoue qu’il s’y prend bien… »
Le même jour, j’avais salué Thierry Roussel, l’homme de confiance de Franck Leblanc depuis 2 ans, alors qu’il était en compagnie de Jean-Yves Rayon. J’ai lancé aux deux hommes : « Tiens ? Les vieux couples se reforment ? ». Les intéressés ont ri. Il faut préciser que Thierry a été le « premier garçon » de Jean-Yves durant 20 ans, avant de partir 2 ans au service de l’Ecurie des Charmes, puis 6 mois chez Jean-Michel Bazire – qui voulait absolument le garder – (« Mais j’avais donné ma parole à Paul Viel de m’occuper de son effectif à Grosbois… »), 6 mois, donc, chez Paul Viel, qui a alors décidé de se défaire de son « antenne parisienne ».
Ce mardi 8, toujours sur l’hippodrome du plateau de Gravelle, Thierry m’a précisé : « C’est ainsi que je suis entré chez Franck Leblanc, où je me sens vraiment très bien. Quant à Christophe Pieux, qui fait l’unanimité auprès du personnel, il a désormais un bon poulain, chez nous, un « A », que j’ai drivé, dimanche, à Cabourg. Le déroulement a été épouvantable. Nous nous élancions en deuxième ligne, à « 2 » de la corde. J’ai repris, bien sûr, pour me positionner. Le concurrent qui nous précédait s’est enlevé, j’ai dû tout arrêter et donner un coup de guidon. Mon poulain s’est enlevé, se retrouvant loin. J’ai recollé au peloton, en face, j’étais « au petit trot », j’ai décalé, mais un adversaire nous a littéralement « sortis ». Nous sommes revenus conclure huitièmes, en roue libre. On devrait bientôt voir les couleurs « blanche, brassards bleus, toque bleu à étoiles blanches » remettre les pendules à l’heure… 
Et je ne serais pas étonné que l’on voit le « Piou » dans les rangs amateurs…
« Moi non plus… J’ajouterai même, et pourquoi simplement amateur ? J’ai bien vu que ce type hors normes n’aimait pas rester à ne rien faire, et qu’il était toujours prêt à relever des défis. Des mecs comme lui, en obstacle, il n’y en a eu qu’un, comme chez nous, au trot, il n’y en a qu’un, avec une telle volonté, une telle détermination… Je ne te fais pas un dessin : on l’appelle couramment JMB. »
Pas surprenant que les deux « phénomènes » précités soient de grands copains…

Les trotteurs auraient-ils un « tiroir-caisse » dans la tête ?

Publié le 20 février 2013 par J.Bernardet sur RTL.fr.

En évoquant, hier mardi 19 février, dans ces colonnes, Yves Dreux qui avait réussi un joli coup de trois à Vincennes, l’après-midi même, lui qui était un peu passé « à côté » de son meeting, et en ayant rapporté, avant-hier, la très probable décision de Philippe Allaire (et de ses associés) d’arrêter la carrière d’Upper Class (propre sœur de Ready Cash), beaucoup de choses me sont venues à l’esprit.
Tout d’abord, de plus en plus d’écuries – importantes, il faut le préciser, les « petites » ne pouvant se le permettre – se réservent pour l’hiver à Vincennes, avec ses épreuves richement dotées, et viennent s’installer à Grosbois. Les « Bigeon », même du temps d’André-Francis, le père de Jean-Luc et de Christian, ont été parmi les premiers à « déclasser » leurs chevaux durant l’été, les laissant aux champs ou se consacrer, pour les étalons, à la période de monte (phénomène relativement « nouveau » car, il y a 20 ans, il n’était pas concevable qu’un « papa » revienne à la compétition), et les reprenant tranquillement à la fin des beaux jours pour les amener à Vincennes en retard de gains. 
Mais il faut alors savoir respecter un « timing » bien précis, et de par les courses de rentrée et de par l’entraînement, afin de les présenter « au top », ni trop tôt, ni trop tard.
Ainsi Franck Leblanc, dont les premiers partants sur la cendrée, cette saison, ont été moins brillants que les années précédentes, mais qui fait désormais feu de tout bois, est le premier à l’avouer : « Pour ce meeting, à cause de raisons diverses, j’ai repris mes chevaux avec un mois de retard sur mon agenda et, durant ce mois-là, qui s’est reporté à Vincennes, on a souffert… »
Ensuite, trouver les bons engagements et, parfois, pour une disqualification ou une 6ème, au lieu d’une 2ème place, tout s’enchaîne mal, alors que tout devait arriver « pile poil » en suivant, (à l’inverse, un trop bon classement, un jour, peut faire « sauter » plusieurs belles occasions qui devaient ensuite s’offrir à votre protégé)… Bref, il suffit de pas grand-chose pour contrarier certains plans.
Dans le même ordre d’idée, je me souviens d’une conversation, dans l’établissement de Jean-Yves Rayon, il y a déjà un moment puisque Baccarat du Pont était alors son fer de lance.
Le professionnel m’avait expliqué que, pour lui, les trotteurs – sauf les cracks et les chevaux d’exception – avaient, en fonction de leurs possibilités, physiques, mentales, etc… une certaine somme à gagner. D’ailleurs, n’entend-t-on pas souvent des entraîneurs dire, désormais : « Mon élève est maintenant « dans ses gains », et cela devient difficile pour lui… ».
Jean-Yves m’avait donné des exemples concrets et avait poursuivi en me disant qu’en fonction de ce paramètre, c’était à l’entourage de décider comment exploiter le cheval. On pouvait ainsi lui faire tout « prendre » à 2, 3, voire 4 ans (combien de météores a-t-on vu disparaître après des séries de victoires chez les « bébés » ?) ou bien préférer étaler ces gains sur une plus longue période, en espérant, de plus, que l’animal – que l’on avait respecté – allait bien vieillir…
Pour finir, d’autres paramètres sont à prendre en ligne de compte. Les entraîneurs (parfois aussi éleveurs et propriétaires) payent des impôts basés, comme pour tout le monde, sur les « salaires » de l’année précédente. Et combien en ont fait « les frais », c’est le cas de le dire, une fois que le, ou les champion(s) de l’écurie étai(en)t à la retraite ou sur la « touche », ou que l’effectif était moindre, ou encore que la vilaine maladie s’en soit mêlé ? C’est ainsi qu’un grand professionnel (qui plus est, grand formateur) m’a confié, il y a quelques saisons, alors que je ne voyais plus ses représentants en piste et qu’inquiet, je lui avais demandé si un virus avait touché son effectif : « Non, rassure-toi. Ils sont au pré… J’ai fait mon chiffre habituel, en avance sur les autres années, et tout ce que je pourrais engranger maintenant, je le rendrais au fisc dans quelques mois… Je préfère « déclasser » mes représentants et, si tout va bien, on agira de la même façon l’an prochain… »
Eh oui, il faut savoir gérer son entreprise…

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